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Beni: Le nouveau commandant des opérations Sokola face aux supercheries d'un "journaliste".

Beni: Le nouveau commandant des opérations Sokola face aux supercheries d'un "journaliste". Featured

L'opération Sokola a un nouveau commandant. Le Général Mputela succède ainsi au Général Chirimwami (le dernier rejeton du Général Mundos, reconnu comme le grand complice dans les massacres de Beni).

 

Ce changement à la tête de Sokola qui n'est pas rassurant tout de même était souhaité depuis bien longtemps par les habitants et notables du Grand Nord. Non seulement parce que, comme ses deux prédécesseurs, son bilan a été largement négatif et funèbre dans la région, mais aussi et surtout parce que sa complicité avec l'ennemi n'a pas besoin d'être prouvée.

 

Le plus grand succès dans ce changement, c'est également la relève mythique du Colonel Ziro Ziro, cet officier dont la mutation dans un axe coïncidait toujours (comme par hasard) avec le déclenchement automatique des massacres. Ces deux départs du commandement de Sokola sont à ce niveau deux dangers de moins pour la population de Béni-Irumu.

 

On a le droit de croire que le nouveau commandant Sokola a toutes les chances de réussir sa mission de paix dans la région, sous réserve de deux conditions. Premièrement, il doit jouir d'une autonomie de commandement, autant que les héros de la guerre contre le M23. Il se trouve que les ordres venant brusquement de l'Etat-Major général des FARDC ne riment pas parfaitement avec les réalités sur le terrain. Encore que certains officiers militaires au sein de la hiérarchie de l'armée régulière soient sous sanctions internationales. En conséquence, si ces officiers controversés s'invitent dans la conduite des opérations en ce contexte de l'État de siège, les partenaires stratégiques de l'armée nationale risquent encore une fois de prendre distance vis-à-vis de la prestation des FARDC.

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Deuxièmement, le nouveau commandant devrait se méfier des "experts en djihadisme" comme ce journaliste de "lescoulisses", qui ne sont là que pour légitimer une thèse d'une guerre impossible. Pour ce journaliste et ses collègues de la "société civile" (dont le patron de la CEPADHO), la guerre que doivent mener les Fardc est asymétrique. Il s'agit d'une bonne manière de veiller à couvrir les taupes internes au sein de l'armée qui patronnent les massacres. Chaque fois qu'il y a un nouveau commandant qui tombe à la tête de Sokola, ils s'empressent à l'accueillir par cette sorte d'excès de zèle, en essayant de lui prescrire ce qu'il doit faire parce qu'ils prétendent connaître ce qui se passe.

 

Si le nouveau commandant Sokola arrivait à céder à cette tentation, il se sera aligner sur les traces de ses prédécesseurs de triste mémoire.

Le succès des opérations Sokola ne passe pas par la conquête des bastions dits de l'ennemi. Parce que les massacres des populations ne s'organisent pas dans les bastions, mais dans les positions occupées par les auteurs en uniformes de l'armée régulière.

 

Cette forêt, les militaires l'ont traversée plusieurs fois, et chaque fois, les bastions sont contrôlés. Mais les massacres se poursuivent sans relâche, en dépit des conquêtes héroïques d'une forêt innocente qui ne dévoile toujours pas les camps d'un ennemi qui a enlevé et qui enlève encore des personnes introuvables par l'armée.

 

Le nouveau commandant Sokola doit donc jouer la rupture. Il doit engager une nouvelle stratégie opérationnelle. La stratégie de la Rupture ! La rupture avec les méthodes tapageuses de ses prédécesseurs suspectés et dont l'action s'est focalisée sur l'incrimination des populations locales traitées de complices de leurs massacres. La rupture devrait être totale. D'autant plus que le nouveau commandant a deux opportunités à capitaliser : d'abord le contexte de l'état de siège soutenu par les leaders et notables de la région, ensuite et enfin, le débarras de la zone des figures emblématiques qui incarnaient vraiment l'esprit des massacres.

 

Les marchands de la thèse djihadiste dans la mafia de Beni-Irumu sont les pires des connaisseurs dont le nouveau commandant Sokola devrait se méfier pour se consacrer à l'essentiel, selon l'esprit de travail du nouveau ministre de la défense. Ce dernier a voulu que son action soit centrée sur la promotion de l'éthique au sein des forces combattantes.

 

L'éthique signifie la lutte contre la corruption, la lutte contre les détournements des munitions et de tout moyen logistique de l'armée (uniformes, rations, armes...) ainsi que la solde des militaires engagés dans les opérations Sokola. L'éthique, c'est le découragement et la sanction contre ces militaires de rang et officiers engagés dans l'affairisme du cacao et des planches ou encore des fraudes de dédouanement des marchandises aux postes frontaliers de Kasindi et Nobili.


L'éthique enfin, c'est la lutte contre le chantage de ces civils qui se font experts de l'armée et qui sont impliqués dans le business de sang des officiers militaires, et qui protègent cet affairisme par la diffusion des vidéos montées de toute pièce soi-disant de revendication par des groupes terroristes des massacres de Beni. L'éthique à promouvoir au sein des forces armées est d'autant plus indispensable qu'elle conduira à épurer une armée dont l'image est chaque fois ternie par ces antivaleurs des brebis galeuses pourtant dénoncées par des rapports internationaux et nationaux, mais qui restent impunis.

 

L'armée et le nouveau commandant de Sokola ont l'avantage et la garantie d'être soutenus par la population comme par la CRDH. Ce soutien de la population passe par la dénonciation des mouvements suspects observés dans la communauté. Cette dénonciation concerne aussi les éléments indisciplinés des forces de sécurité et même des acteurs de la société civile y compris des journalistes malveillants.

 

Le seul commandant des opérations Sokola qui a su capitaliser le soutien de la population reste sans doute le Général Bahuma Ambamba qui avait l'expérience de l'accompagnement des citoyens lors de la guerre réussie contre le M23. Cette expérience appliquée à la première offensive contre l'ADF originelle a favorisé le succès de cette opération. La même population et notabilité locale ont déjà salué l'état de siège dont les actions sont entièrement soutenues pour restaurer la paix dans la région.


Il est dit souvent qu'aucune guerre ne peut être gagnée sans l'accompagnement de la population (ce qui est vrai). Mais si un journaliste (patron de LESCOULISSES) affirme impunément que "quiconque donne totalement confiance à la notabilité de la région et à la Monusco ne gagnera pas cette guerre", qui ne peut trouver en ces mots l'expression d'une ruse d'un serpent venimeux ?

L'observateur

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